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Optitex : le virtuel pour des économies réelles

Optitex : le virtuel pour des économies réelles

Lors d’un défilé de mode, un mannequin défile dans un beau tailleur en tweed, s’arrête et virevolte. La veste qu’elle porte se déplace avec elle. Vous pouvez voir les détails des plis et de l’aplomb.

Alors qu’elle déboutonne la veste, la doublure de soie est révélée, sa couleur est subtilement assortie au tissu extérieur. Elle virevolte une fois de plus, le vêtement s’enroule autour de son corps, révélant un ou deux plis. Excellente présentation !

Pourtant, rien de tout cela n’est réel. Il s’agit d’une animation 3D, fruit d’une nouvelle technologie de CAO/FAO qui révolutionne la modélisation et la confection de vêtements et d’autres produits cousus. Cette suite d’applications, synonyme de gain considérable de temps et d’argent pour les utilisateurs, a été développée par Optitex, une société dont les solutions sont commercialisées sur le marché américain.

Prenons l’exemple d’Optitex 3D Runway Designer, un système de simulation photoréaliste pour les tissus. Il offre à l’utilisateur des outils pour simuler toutes les activités de préproduction liées à l’essayage, à la visualisation et à la variation de couleurs. Il est spécifiquement conçu comme moyen de communication entre les différents intervenants : détaillants, sous-traitants, stylistes, patronistes, confectionneurs, ainsi que les services d’ingénierie, de merchandising et de gestion. Avec 3D Runway, tous les intervenants peuvent visualiser instantanément et en 3D les modifications apportées aux patrons grâce à des prototypes CAO précis, ainsi que les propriétés réelles du tissu.

Les mannequins Optitex à l’écran ne sont pas des créatures rigides à taille unique. Ils peuvent représenter 65 mensurations réglables et plusieurs types de postures. Les utilisateurs du système peuvent également créer leurs propres mannequins, ce qui se traduit par un gain de temps pour l’habillage. La technologie Optitex permet une diminution des délais de mise sur le marché dans la mesure où les délais de développement des produits sont eux-mêmes écourtés, ainsi qu’une réduction des coûts associés à la fabrication de plusieurs itérations d’un même échantillon. Grâce à une modélisation précise, la qualité du produit final s’en trouve également améliorée. De plus, grâce à la précision de son outil d’analyse du comportement mécanique du tissu, Optitex permet de visualiser le bien-aller et l’aplomb d’un vêtement et non plus de l’imaginer.

Optitex est le seul sur le marché du prototypage virtuel à avoir obtenu le statut de Microsoft Certified Partner. Les utilisateurs peuvent coller des images Optitex dans d’autres applications Microsoft, les incorporer à des présentations PowerPoint, et même associer Optitex à des systèmes PLM.

« Optitex offre une connectivité unique », explique Yoram Burg, président des opérations américaines d’Optitex. « Prenons l’exemple d’un confectionneur sous-traitant situé dans une région reculée de Chine et dont l’interlocuteur est un styliste basé à New York. Avec Optitex, le sous-traitant peut télécharger l’image du prototype 3D d’un vêtement et voir une réplique photoréaliste de l’apparence recherchée : buste, taille, hanches, longueur du corps, et tout ce que le modéliste a demandé. Le confectionneur peut ensuite créer son propre échantillon en 3D, en y intégrant notamment la structure interne du vêtement, les poches, les masses d’air, la broderie et les plis, puis expédier l’échantillon au styliste aux États-Unis.

« Supposons maintenant que le styliste, dans son studio de New York, reçoive l’échantillon et l’essaie sur un mannequin. » poursuit Yoram. Il décide de raccourcir les manches de quelques centimètres, d’abaisser l’encolure ou de déplacer un bouton. Grâce à Optitex, il peut transmettre électroniquement les nouvelles dimensions du patron au modéliste. Le modéliste, à son tour, peut modifier et créer un nouvel échantillon et le renvoyer dans un délai d’un jour ou deux.

« À ce stade, le styliste pourrait lui répondre : « Non, ce n’est pas ce que je m’imaginais », dit Yoram. « Est-ce que nous continuons à échanger des échantillons à travers le Pacifique ? Pas nécessairement. Grâce à Optitex, le styliste peut élaborer un nouveau cahier des charges et renvoyer le prototype révisé, le tout électroniquement et en 3D. Le confectionneur peut envoyer le nouvel échantillon. Est-ce que nous éliminons tous les envois d’échantillons ? Probablement pas, mais nous pouvons certainement en réduire le nombre : au lieu d’une demi-douzaine d’envois accompagnés de retards de plusieurs semaines, le processus peut être bouclé en deux expéditions seulement.

« Pensez aussi à l’approche écologique », ajoute Yoram. « À New York, par exemple, dans les quartiers où est concentrée l’industrie du vêtement, il y a toujours beaucoup de camions et de fourgonnettes garés, qu’il s’agisse de véhicules d’entreprise ou de services de livraison express. Ils attendent, pour la plupart, de récupérer des marchandises et des échantillons pour les expédier depuis un aéroport. Avec la messagerie électronique 3D, si nous pouvons nous passer ne serait-ce que de l’un de ces camions, nous contribuons au respect de l’environnement. »

Du physique au virtuel
La technologie Optitex est le fruit d’années de travail avec les grandes écoles de stylisme, notamment North Carolina State University et Cornell. Il y a une demi-douzaine d’années, les scientifiques ont déterminé que les tissus, une fois « traduits » en algorithmes, peuvent être transmis via des systèmes pour produire des impulsions électroniques qui sont elles-mêmes converties en images 2D et 3D. Ces images peuvent ensuite être manipulées par ordinateur. Optitex a adapté la technologie pour le stylisme et la fabrication de tissus industriels, de vêtements, de tissus de revêtements, de textiles destinés au secteur de l’automobile et du transport, de textiles composites, de tissus d’ameublement et d’autres produits cousus.

La technologie Optitex a désormais été adaptée à de nombreuses fonctions supplémentaires, telles que le patronage et le prototypage, la gradation, la digitalisation des patrons, le marquage, l’imbrication et l’assortiment de tissus. Par ailleurs, les utilisateurs peuvent créer leurs propres modèles et bénéficier d’un gain de temps considérable durant l’essayage.
De plus en plus d’entreprises, dans divers secteurs, profitent de la technologie Optitex. Parmi elles, citons Land’s End, Kohl’s, COACH Leather, ABS by Allen Schwartz, Cherokee, Teamwork, Parachute De France et Tyco Toys, des acteurs du secteur aéronautique tels que Birdair, Boeing, Eurocopter, Irvine Aerospace, et dans l’industrie automobile, des géants comme BMW, Porsche et Toyota, Audi, Johnson Controls, Prevent, etc.

La technologie Optitex trouve de plus en plus de nouvelles applications et de nouveaux clients. Bernina, leader dans le domaine de la couture à domicile, propose un système basé sur Optitex, appelé MyLabel Pattern. Il permet aux utilisateurs de choisir leurs propres tissus, couleurs, boutons et autres caractéristiques, selon leurs préférences personnelles. Témoignage d’un client très satisfait : « C’est la première fois que je crée un modèle de pantalon qui me va à merveille ! » Pour les détaillants de mode, le moteur Optitex Made-to-Measure définit les mensurations de la personne (épaule, poitrine, taille, hanches) pour optimiser le bien-aller du vêtement. Un grand fabricant de tenues de match pour les clubs et les équipes utilise Optitex pour sa « brochure » sur son site Web. Elle montre, par exemple, des survêtements dans divers styles de porter et longueurs, des choix de capuches, de poches et de longueurs de manches, des inscriptions du nom de l’équipe et des monogrammes. Elle présente l’apparence de la tenue pour diverses morphologies du corps. Les acheteurs peuvent se rendre sur le site Web de la société, voir les images des tenues, les faire pivoter et passer commande.

« Nous sommes à l’heure de la technologie aux États-Unis », explique Yoram Burg. « Ces dernières années, une grande proportion de vêtements a été fabriquée en Chine. Mais aujourd’hui, l’économie chinoise évolue, les gens quittent l’industrie de l’habillement pour améliorer leur train de vie. Avec l’incohérence des vêtements que la Chine nous livre, de plus en plus de solutions technologiques verront le jour aux États-Unis pour apporter un meilleur retour sur investissement. En Amérique, à mesure que l’industrie réduit ses effectifs, les entreprises les plus sages remplacent le personnel par des technologies d’échantillons, de catalogues et de storyboards virtuels. Les images peuvent être virtuelles, mais les économies seront bel et bien réelles. »